Comment choisir une traductrice ou un traducteur ?

Je me développe à l’export, j’ai besoin de faire traduire mes outils de communication, à qui puis-je m’adresser ?
Cette question m’est souvent posée par  mes clients, lorsque leur entreprise évolue, lorsqu’ils ressentent la nécessité de faire traduire leurs outils de communication pour accéder à de nouveaux marchés.
C’est ainsi que l’idée m’est venue de proposer une interview à Françoise L’ Heveder, traductrice à Brest, spécialisée dans les secteurs de la médecine et de l’alimentation.

Françoise m’a fait découvrir son métier de traductrice qu’elle exerce avec passion depuis 2010.
Ce métier méconnu, secret,  voire ingrat, souvent évoqué sous l’analogie triviale « traducteur/traître » et pourtant, que ferions-nous sans eux, nous, pauvres monolingues, tout à fait inaptes à lire un ouvrage dans une autre langue que la nôtre ?

Bonjour Françoise, merci d’avoir accepté cet interview.

Peux-tu d’abord te présenter et nous expliquer ce qui t’a poussée à devenir traductrice ?

Françoise L'Heveder traductrice spécialisée à Brest

Françoise L’Heveder traductrice à Brest

Je suis Françoise L’Heveder et je suis traductrice depuis 2010. L’envie d’exercer ce métier remonte à mon enfance, puisque dans ma famille les langues parlées (breton pour les plus âgés, français pour les plus jeunes) m’ont naturellement immergée dans deux systèmes de communication et dans deux cultures. Je comprends aujourd’hui ma chance d’avoir connu une situation aussi riche et formatrice.

De plus je précise d’emblée la différence entre le traducteur et l’interprète ; tandis que le premier s’appuie sur des écrits (documents administratifs, notices, traités, courriels, fiction, sous-titrage, surtitrage…), le travail du second repose sur l’oral.

Quelle formation as-tu suivie pour devenir traductrice ?

Le bac en poche (en 1979), j’ai entamé des études de LEA (langues étrangères appliquées) en anglais et en allemand, spécialisées en Commerce et affaires, puis deux DESS (équivalent des Master 1 et 2) en Commerce international ont complété ma formation. Des missions menées pour le compte d’entreprises et d’une banque m’ont confortée dans ma capacité à être un intermédiaire linguistique entre deux entités (le donneur d’ordre et son prospect ou son client). En tant que traductrice pragmatique, (ne traduisant pas de roman, poésie ou de théâtre), j’endosse aussi ce rôle de facilitatrice linguistique et culturelle.

Ma famille s’est rapidement agrandie et nos quatre enfants ont mobilisé beaucoup d’énergie. À cette époque-là, j’ai traduit plusieurs romans et nouvelles, pour le plaisir.

Vers 2005, les uns après les autres, les enfants ont pris leur envol et l’idée de faire de la traduction mon activité professionnelle a refait surface, et naturellement j’ai repris le chemin de la fac. en 2008. Après un Master 1 de Lettres modernes et avoir réussi le concours d’entrée au Master 2 Rédacteur-traducteur de l’UBO (Université de Bretagne occidentale) de Brest, j’ai suivi cet enseignement extrêmement dense et exigeant.

Si le métier de traducteur peut être exercé par quiconque se sent compétent en langues et maîtrise une activité professionnelle, je voulais, quant à moi, que ma capacité à exercer mon cœur de métier soit officiellement reconnue et sanctionnée par un diplôme.

Quelles sont, selon toi, les qualités essentielles pour réussir ?

La première qualité d’un traducteur, et de loin, est d’être mû par une curiosité insatiable. Dans la mesure où il doit faciliter la communication entre deux interlocuteurs utilisant chacun sa langue, il importe que le traducteur se tienne informé de la terminologie comme des habitudes langagières, des techniques et de la technologie appliquées dans ses domaines de compétence. De plus, il agit comme une interface. Dès lors, il doit conserver la distance nécessaire pour assurer la qualité du message.

C’est ici que la deuxième qualité prend toute sa place, le traducteur doit faire preuve d’humilité et de rigueur. Humilité, parce qu’il existe autant de traductions possibles que de traducteurs. Rigueur, parce que le traducteur pragmatique livre un document de travail (manuel d’utilisation d’un équipement, texte législatif, rapport d’effets indésirables d’un médicament, …). Enfin, l’exercice en libéral requiert les qualités attendues d’un entrepreneur. Aujourd’hui très peu de traducteurs sont salariés d’agences de traduction ou d’entreprises. Celles-ci préfèrent sous-traiter les demandes auprès des indépendants.

Quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien ?

La gestion du temps constitue l’une des difficultés, En effet, le traducteur est confronté à l’urgence perçue et l’urgence réelle. Les besoins de traductions sont rarement anticipés, les clients s’inquiètent de la nécessité de faire traduire leurs documents au tout dernier moment. Le traducteur se trouve souvent face à des délais de livraison très serrés. C’est à lui de savoir dire non, parce que la qualité de son travail s’en ressentirait. Toutefois, le cas échéant, il lui revient de trouver une solution en relayant la demande auprès de confrères.

L’un de mes chantiers est de faire prendre conscience de la nécessité d’intégrer la traduction dans la politique de communication des entreprises dès le moment où elles se tournent vers les marchés étrangers.

Il y a aussi les tarifs pratiqués par des agences situées dans des pays à bas niveau de vie, elles offrent des prix qui frisent parfois l’indécence.

Enfin, la traduction étant un métier ouvert et la détention d’un diplôme n’étant pas un prérequis, tel ou tel amoureux de la langue de Goethe peut se présenter comme traducteur de l’allemand vers le français et travailler en dilettante. Cette forme d’exercice est tout à fait préjudiciable car elle nuit l’image de notre métier.

Es-tu spécialisée dans un ou plusieurs domaines ? Pourquoi cette spécialisation ?

Il est indispensable d’avoir des domaines de prédilection et de spécialisation. Qu’il s’agisse d’activités professionnelles antérieures, en informatique, en sociologie, en droit ou en architecture par exemple, ou de domaines dans lesquels le traducteur se sent prêt à investir du temps pour acquérir un savoir et des connaissances.

Pour ma part, je me suis spécialisée en médecine, santé et innovation alimentaire. Ce choix tient à ma vision ; d’une part, mon métier de traducteur me place comme l’intermédiaire qui facilite la communication entre plusieurs intervenants, d’autre part, mes spécialités intéressent des activités qui œuvrent pour un mieux-être des personnes malades, pour une meilleure prise en charge des pathologies, pour la diffusion de technologies et d’équipements qui rendent les personnes plus autonomes et les soulagent.

Quels sont tes outils de travail ?

Le traducteur du XXIe siècle est un «  nomade connecté ».

Nomade et connecté parce qu’un ordinateur et une connexion sont ses seules exigences matérielles, dès lors chacun travaille à domicile, dans un café, un train, dans son pays ou ailleurs …

Le traducteur utilise des logiciels qui intègrent tous ses travaux au fil des traductions (ce sont les mémoires de traduction) et qui alimentent ses glossaires multilingues dédiés à un domaine, parfois même à un client. De cette façon, il soulage sa propre mémoire et il dispose de données pour assurer la cohérence des traductions pour tel ou tel client. J’insiste ici sur un point crucial, ces logiciels ne sont pas des outils de traduction automatique (à l’instar de l’offre Google translate), mais des aides appelées Traductions assistées par ordinateur (TAO).

Enfin, le web est une source presque infinie de données, sur ce volet je ne saurais trop insister sur l’impérieuse nécessité de distinguer les liens fiables et de qualité. Bien entendu, la pratique et la curiosité constituent de bons moyens d’enrichir ses bases de références.

Quelles peuvent-être les contraintes liées à ton métier ?

Comme je l’ai indiqué plus haut le traducteur fait face à des demandes pressantes qui bousculent souvent son emploi du temps.

Il lui faut aussi faire preuve d’agilité intellectuelle pour passer de la traduction d’une notice pour un dispositif médical, à un communiqué de presse annonçant le retrait d’un lot, puis s’atteler à la traduction d’un protocole pour un essai clinique.

Penses-tu que le métier de traducteur est un métier d’avenir ?

Absolument. La traduction étant un métier de communication, il existe depuis que l’Homme échange, dès lors il sera toujours d’actualité.

Les changements à venir concerneront les modes d’exercice et les différentes composantes du métier : la relecture, la post-édition (relecture et correction d’une traduction effectuée par une mémoire de traduction), la terminologie, la linguistique et l’analyse du langage naturel.

Que l’on reprenne les tableaux représentant Saint Jérôme, homme d’Église et patron des traducteurs, non seulement la plume mais aussi le statut du professionnel et le fonds à traduire ont bien changé depuis les siècles, cependant que les idées circulent toujours grâce aux traducteurs.

Ce métier est riche de toutes les facultés humaines (capacité à s’exprimer, à penser, à émettre des hypothèses, à valider des théories). Il est indispensable à la compréhension entre les individus. D’ailleurs l’activité de traduction est inhérente à toute société qui entre en relation avec un autre groupe humain.

Comment penses-tu que ton métier va évoluer dans les années à venir ?

Les besoins de communication et les technologies guideront l’évolution du métier. Dès lors, curiosité et souplesse intellectuelles sont des aptitudes indispensables pour accompagner les modifications et rester dans la course.

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui souhaiterait s’orienter vers les métiers de la traduction ?

Le traducteur est un individu bienveillant, enthousiaste, curieux et passionné. Il importe de cultiver cette capacité d’éveil et d’émerveillement pour ne pas être figé dans son savoir langagier comme technique.

Conseiller de lire, de fouiller l’actualité dans ses domaines de spécialisation et ses langues de travail est une évidence, pourtant il convient de le rappeler ; tout comme d’être à l’affût des innovations ou des nouvelles créations.

Bien évidemment il faut admettre qu’un autre regard, celui du relecteur ou du correcteur, n’est pas une remise en cause de son travail de traducteur mais plutôt des suggestions pour livrer un meilleur travail. Des dons de négociateur sont alors nécessaires.

Un traducteur doit se montrer patient à de nombreux égards. Patient pour se constituer sa clientèle, patient pour trouver le terme ou l’expression appropriée, patient pour s’imprégner du message du texte source et en découvrir les subtilités.

Maintenant, vous savez tout ou presque sur le métier de traducteur. Vous êtes donneur d’ordre ? Vous recherchez une traductrice fiable, diplômée, expérimentée ?

Pour en savoir plus sur Cortextuel, c’est par ici et pour demander un RDV, c’est par là 

 

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